
Bon, je sais, je ne suis plus crédible. Mais laisser moi dire une dernière fois, alors que je viens de venir à bout d’une nouvelle période d’examen, que cette fois, c’est décidé, j’arrête les études !
Oui, j’ai surement déjà dit ça à Bac+3, puis Bac +5… puis, puis… Mais voila. Cela fait maintenant dix ans que je suis jugé à la virgule près par des gens pas toujours compétents et qui ont 2 jours pour corriger 500 copies, et c’est épuisant. Et puis, avec le temps, la petite boule au ventre avant de rentrer dans la salle d’examen, l’excitation en noircissant les pages et enfin la satisfaction du travail bien fait une fois la copie rendue, toutes ces petites émotions qui font que l’on continue la vie d’étudiant finissent peu à peu par disparaitre. Blasé ? Un peu sans doute. A raison de 6 examens par semestre en moyenne, j’ai été corrigé par près de 120 professeurs différents repartis dans 6 institutions, 5 villes et 2 pays, le tout sans compter les « concours » (ça, c’était du bonus, pour le fun).
Après autant d’années d’études, est-on vraiment préparé au monde du travail ? Oui et non (plan en deux parties, annonce de plan).
- Oui : car entre les révisions de dernières minutes, les sujets foireux fait pour piéger le plus grands nombres, les profs qui décident de ne lire que la première page de la copie, je crois que peu de jobs sont aussi ingrats et peu de patrons aussi sadiques dans la « vraie vie ». Si on a survécu à l’arbitraire du correcteur, à la petite phrase perverse qui fait pleurer l’étudiante à la sortie d’un oral, à l'attente assis par terre dans les couloirs de fac, à la pression des congénères aux dents qui rayent le parquet, alors c’est sur, plus rien ne nous arrêtera. Nous serons tous associés dans 5 ans ! (mais F.D. avant moi bien sur !).
- Non : car après plus de 900 dissertations et autre rédactions de mémoires, je suis toujours aussi analphabète. Car à force de répondre à des questions telles que « la TVA est elle un impôt ou une taxe ?», « y a-t-il un droit au bonheur ?», « quel est l’avenir de la voie de fait ?», « qu’elles sont les grandes reformes administratives du XVIIIème siècle ? »… on finit sans doute par s’éloigner un peu des contingences du salarié ordinaire (« le 8 mai tombe il un jeudi ? », « la police 12 pour la présentation Powerpoint, c’est un peu petit non ?).
Je dois quand même rendre à César… (bla,bla). Contrairement aux apparences, ce n’est pas mon année américaine (qui s’avère être la dernière) qui me fait fuir l’enseignement supérieur. Au contraire. On est globalement mieux traité ici qu’on ne l’est en France. Il est aussi vrai qu’un client à trente mille dollars l’année, on en prend soin !
Mais bon, au delà des considérations financières, des petites attentions du personnel de l’Université, des nombreuses salles de lectures, des tables et chaises en bon état, ce qui fait vraiment la différence avec l’éducation française c’est autre chose. La vraie différence, c’est l’absence de cynisme, de mots de découragement, de rancœur pervers des professeurs, maitres de conf et autres à l’égard de leurs élèves. Ici, on ne dit pas « c’est pas la peine, cette filière est bouchée ». Ici, on ne pleure pas en sortant d’un oral. Ici, on n’a pas de professeur qui débarque en furie dans les couloirs pour dire « j’ai pas mis la moyenne de la journée ; j’espère que vous ferez mieux que vos camarades ». Ici, on ne dit pas à un élève arrivé jusqu’en troisième cycle « vous ferriez peut être mieux d’envisager une autre orientation ; la charcuterie par exemple ? ».
Oui, j’ai surement déjà dit ça à Bac+3, puis Bac +5… puis, puis… Mais voila. Cela fait maintenant dix ans que je suis jugé à la virgule près par des gens pas toujours compétents et qui ont 2 jours pour corriger 500 copies, et c’est épuisant. Et puis, avec le temps, la petite boule au ventre avant de rentrer dans la salle d’examen, l’excitation en noircissant les pages et enfin la satisfaction du travail bien fait une fois la copie rendue, toutes ces petites émotions qui font que l’on continue la vie d’étudiant finissent peu à peu par disparaitre. Blasé ? Un peu sans doute. A raison de 6 examens par semestre en moyenne, j’ai été corrigé par près de 120 professeurs différents repartis dans 6 institutions, 5 villes et 2 pays, le tout sans compter les « concours » (ça, c’était du bonus, pour le fun).
Après autant d’années d’études, est-on vraiment préparé au monde du travail ? Oui et non (plan en deux parties, annonce de plan).
- Oui : car entre les révisions de dernières minutes, les sujets foireux fait pour piéger le plus grands nombres, les profs qui décident de ne lire que la première page de la copie, je crois que peu de jobs sont aussi ingrats et peu de patrons aussi sadiques dans la « vraie vie ». Si on a survécu à l’arbitraire du correcteur, à la petite phrase perverse qui fait pleurer l’étudiante à la sortie d’un oral, à l'attente assis par terre dans les couloirs de fac, à la pression des congénères aux dents qui rayent le parquet, alors c’est sur, plus rien ne nous arrêtera. Nous serons tous associés dans 5 ans ! (mais F.D. avant moi bien sur !).
- Non : car après plus de 900 dissertations et autre rédactions de mémoires, je suis toujours aussi analphabète. Car à force de répondre à des questions telles que « la TVA est elle un impôt ou une taxe ?», « y a-t-il un droit au bonheur ?», « quel est l’avenir de la voie de fait ?», « qu’elles sont les grandes reformes administratives du XVIIIème siècle ? »… on finit sans doute par s’éloigner un peu des contingences du salarié ordinaire (« le 8 mai tombe il un jeudi ? », « la police 12 pour la présentation Powerpoint, c’est un peu petit non ?).
Je dois quand même rendre à César… (bla,bla). Contrairement aux apparences, ce n’est pas mon année américaine (qui s’avère être la dernière) qui me fait fuir l’enseignement supérieur. Au contraire. On est globalement mieux traité ici qu’on ne l’est en France. Il est aussi vrai qu’un client à trente mille dollars l’année, on en prend soin !
Mais bon, au delà des considérations financières, des petites attentions du personnel de l’Université, des nombreuses salles de lectures, des tables et chaises en bon état, ce qui fait vraiment la différence avec l’éducation française c’est autre chose. La vraie différence, c’est l’absence de cynisme, de mots de découragement, de rancœur pervers des professeurs, maitres de conf et autres à l’égard de leurs élèves. Ici, on ne dit pas « c’est pas la peine, cette filière est bouchée ». Ici, on ne pleure pas en sortant d’un oral. Ici, on n’a pas de professeur qui débarque en furie dans les couloirs pour dire « j’ai pas mis la moyenne de la journée ; j’espère que vous ferez mieux que vos camarades ». Ici, on ne dit pas à un élève arrivé jusqu’en troisième cycle « vous ferriez peut être mieux d’envisager une autre orientation ; la charcuterie par exemple ? ».
1 commentaire:
Ah... Tant de ressenti à l'égard du corps professoral français! La comparaison est sûrement juste... délicate (je te retrouve bien là)... Mais ce qui est sûr c'est que je doute que la complaisance et la bienveillance du corps professoral américain t'auraient à elles seules permis un jour d'exprimer aussi brillamment ton esprit critique! Il faut souffrir pour être beau, mais sûrement aussi pour être intelligent!
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