23/05/2008

"Voila, c'est fini..."


Je suis diplômé! Ca a beau faire le je-ne-sais-combien-ième-diplôme, jamais ça ne m’a semblé aussi important.
On a beau vouloir le nier, dire que l’on est bien au dessus de ça et hésiter encore à critiquer le relativisme post soixante-huitard qui engourdi l’Université française…. Mais le résultat est là.
Une jolie cérémonie, un peu grandiose, très bien préparée, avec parents et amis, en conclusion d’une année universitaire plutôt difficile, et bien ça fait du bien, ça fait se sentir important, ça crée des émotions, de belles photos, de bons souvenirs et fait pleurer les dits parents et amis (et moi aussi, un peu…).
Dimanche a donc eu lieu ma cérémonie de « commencement ». Commencement de « la vraie vie, la vie d’adulte, fort de notre formation de qualité, des valeurs qui nous ont été transmises par le corps enseignant» etc... Comme prévu, nous avons eu notre dose de guimauve, d’applaudissement, de liste de noms sans fin, de prix spécial du jury uniquement conçus pour récompenser tel ou tel. Mais au final, je ressors conquis de cet événement entièrement fait pour marquer les esprits.
Oui, la faculté, c’est beaucoup de travail. Oui, tout le monde n’y rentre pas, mais surtout ne la finit pas. Oui, il n’y a pas de honte à célébrer la réussite, à se souvenir d’anecdotes que l’on a tous vecus en partageant les mêmes salles de classes. La jolie musique qui rythme l’entrée des diplômés, les discours millimétrés, le moment individuel de gloire lorsque l’on est appelé par son nom (pas si mal prononcé que cela) sur le podium… on se crée de toute pièce des moments de bonheur, et il n’y a pas de mal à ça.
Oui, je sais, plutôt que de faire un post critique, je ferais mieux de décrire la joie de mes parents, la couleur de ma robe et mon chapeau (noir), le gout des petits fours et du vin champagnisé qui ont suivis… Mais vous me connaissez trop bien. Je pensais y aller un peu à reculons à cette cérémonie tout en me disant qu’il fallait peut être au moins le faire une fois… et c’était maintenant ou jamais. Ca aurait du être cucu, trop américain, trop peu spontané, trop long, trop cher… Et bien rien de tout cela.
J’ai passé un excellent moment. J’ai retrouvé pour la dernière fois certains de mes amis avec qui j’ai passé cette année, j’ai vu le regard fier de mes parents lorsque j’ai brandi mon diplôme, je me suis plié aux photos, à la mise en rang par ordre alphabétique 1h30 avant le début des festivités et aux discours un peu convenus. Et quand la major de ma promo a mentionné les rencontres, les amitiés, les souvenirs qui mêlent tous les pays, l’Argentine, l’Inde, le Brésil, le Mexique… et la France, je n’étais certainement pas le seul à essuyer mes yeux humides.

09/05/2008

“J’sais bien qu’j’l’ai trop dit…”


Bon, je sais, je ne suis plus crédible. Mais laisser moi dire une dernière fois, alors que je viens de venir à bout d’une nouvelle période d’examen, que cette fois, c’est décidé, j’arrête les études !
Oui, j’ai surement déjà dit ça à Bac+3, puis Bac +5… puis, puis… Mais voila. Cela fait maintenant dix ans que je suis jugé à la virgule près par des gens pas toujours compétents et qui ont 2 jours pour corriger 500 copies, et c’est épuisant. Et puis, avec le temps, la petite boule au ventre avant de rentrer dans la salle d’examen, l’excitation en noircissant les pages et enfin la satisfaction du travail bien fait une fois la copie rendue, toutes ces petites émotions qui font que l’on continue la vie d’étudiant finissent peu à peu par disparaitre. Blasé ? Un peu sans doute. A raison de 6 examens par semestre en moyenne, j’ai été corrigé par près de 120 professeurs différents repartis dans 6 institutions, 5 villes et 2 pays, le tout sans compter les « concours » (ça, c’était du bonus, pour le fun).

Après autant d’années d’études, est-on vraiment préparé au monde du travail ? Oui et non (plan en deux parties, annonce de plan).
- Oui : car entre les révisions de dernières minutes, les sujets foireux fait pour piéger le plus grands nombres, les profs qui décident de ne lire que la première page de la copie, je crois que peu de jobs sont aussi ingrats et peu de patrons aussi sadiques dans la « vraie vie ». Si on a survécu à l’arbitraire du correcteur, à la petite phrase perverse qui fait pleurer l’étudiante à la sortie d’un oral, à l'attente assis par terre dans les couloirs de fac, à la pression des congénères aux dents qui rayent le parquet, alors c’est sur, plus rien ne nous arrêtera. Nous serons tous associés dans 5 ans ! (mais F.D. avant moi bien sur !).
- Non : car après plus de 900 dissertations et autre rédactions de mémoires, je suis toujours aussi analphabète. Car à force de répondre à des questions telles que « la TVA est elle un impôt ou une taxe ?», « y a-t-il un droit au bonheur ?», « quel est l’avenir de la voie de fait ?», « qu’elles sont les grandes reformes administratives du XVIIIème siècle ? »… on finit sans doute par s’éloigner un peu des contingences du salarié ordinaire (« le 8 mai tombe il un jeudi ? », « la police 12 pour la présentation Powerpoint, c’est un peu petit non ?).

Je dois quand même rendre à César… (bla,bla). Contrairement aux apparences, ce n’est pas mon année américaine (qui s’avère être la dernière) qui me fait fuir l’enseignement supérieur. Au contraire. On est globalement mieux traité ici qu’on ne l’est en France. Il est aussi vrai qu’un client à trente mille dollars l’année, on en prend soin !
Mais bon, au delà des considérations financières, des petites attentions du personnel de l’Université, des nombreuses salles de lectures, des tables et chaises en bon état, ce qui fait vraiment la différence avec l’éducation française c’est autre chose. La vraie différence, c’est l’absence de cynisme, de mots de découragement, de rancœur pervers des professeurs, maitres de conf et autres à l’égard de leurs élèves. Ici, on ne dit pas « c’est pas la peine, cette filière est bouchée ». Ici, on ne pleure pas en sortant d’un oral. Ici, on n’a pas de professeur qui débarque en furie dans les couloirs pour dire « j’ai pas mis la moyenne de la journée ; j’espère que vous ferez mieux que vos camarades ». Ici, on ne dit pas à un élève arrivé jusqu’en troisième cycle « vous ferriez peut être mieux d’envisager une autre orientation ; la charcuterie par exemple ? ».

01/05/2008

Pourquoi je soutiens Hillary Clinton


Au moment de rédiger ce post, je voulais l’intituler « pourquoi Obama m’énerve ». Et puis j’ai repensé à une phrase que j’ai souvent dite à mes amis socialistes (mais si j’en ai !) lors de la dernière présidentielle : « ce serait mieux de voter pour un candidat par conviction plutôt que par défaut ».
Alors, même si je ne vote pas (je ne suis pas citoyen américain, ca ne vous aura pas échappé), je m’applique ce principe.
Bref, si je soutiens Hillary, c’est par ce qu’elle est forte, tenace, expérimentée, et qu’elle fait de sa priorité l’éducation et le système universel de santé.
Voila. Ca c’est dit. Maintenant, à part ca, Barack m’énerve toujours. Pourquoi?
- ses discours sont creux et il utilise le mot « espoir » deux fois par phrase ;
- on le gratifie « d’unir l’Amérique au delà de tous les clivages » alors que l’origine de ses soutiens est très communautaire ;
- ses fameux discours très inspirés sont directement empruntés à son pote Deval Patrick (et c’est choquant que cela soit passé si peu aperçu !) ;
- il a de graves problèmes d’elocution dés qu’il est dans un débat et qu’il n’a pas de vieux discours de Deval à relire (« heu, heu… ») ;
- il n’est pas encore élu qu’il renie déjà un des fondements du parti démocrate, le système de sante universel (non, non, le rendre « accessible » ce n’est pas la même chose)
- il n’a rien d’un Kennedy (comme on le dit souvent). Lui, avait déjà 13 ans d’expérience au Congres au moment d'etre elu alors que Barack en a…3 ;
- il est une pure création médiatique (une election au senat, un livre best seller qui l'a rendu millionnaire et une campagne presidentielle... tout ca en 3 ans!);
- il est soutenu par plein de gens énervants style les jeunes tres cool qui votent pour la première fois.