Ma vie d’enfant puis d’adolescent ont été marquées par une longue stabilité. Mes parents n’ont pas déménagé aux quatre coins de la France, j’ai fréquenté la même ville, la même école pendant de nombreuses années. De cette stabilité, j’ai conservé mon attachement au Berry et ma relation viscérale à mes amis d’enfance. Ce à quoi cette vie ne m’a en revanche pas préparé, c’est à faire face au départ, à l’absence, la séparation, la distance, la disparition. De ce quotidien si familier, je pensais bien que rien ne changerait vraiment. J’ai fuis de nombreuses fois, mais tout en sachant que tout serait vite bien à sa place, bien comme avant. Ma vie amoureuse m’a ensuite apprise à compter chaque kilomètre qui sépare Paris de Washington. Ma vie d’adulte me ramène sans cesse aux six heures qui séparent New York de ceux que j’aime.
A l’heure ou les départs ne sont plus temporaires, ou je fais l’expérience des disparitions permanentes, je me demande bien sûr pourquoi. Pourquoi s’infliger ces départs ? Pourquoi ne pas avoir été plus proche avant que l’autre ne disparaisse ? Pourquoi cette énergie gaspiller à partir quand même ? Et, comme mon cher B. me l’a souvent dit : « que cherches-tu donc à fuir » ?
Je n’ai plus quinze ans. Désormais, les choses changent à mon retour. Les enfants marchent, les fronts se plissent, la ville se meurt, les feuilles jaunissent. Le dur constat que le temps passe, ici aussi.
Comme voyageur j’ai délaissé ce que toujours j’ai apprécié. De ce qui fut réalité, j’ai fait souvenirs et regrets. Et je garde aujourd’hui au coin de l’œil la trace indélébile de tous ces départs et de tous ces moments manqués.
A l’heure ou les départs ne sont plus temporaires, ou je fais l’expérience des disparitions permanentes, je me demande bien sûr pourquoi. Pourquoi s’infliger ces départs ? Pourquoi ne pas avoir été plus proche avant que l’autre ne disparaisse ? Pourquoi cette énergie gaspiller à partir quand même ? Et, comme mon cher B. me l’a souvent dit : « que cherches-tu donc à fuir » ?
Je n’ai plus quinze ans. Désormais, les choses changent à mon retour. Les enfants marchent, les fronts se plissent, la ville se meurt, les feuilles jaunissent. Le dur constat que le temps passe, ici aussi.
Comme voyageur j’ai délaissé ce que toujours j’ai apprécié. De ce qui fut réalité, j’ai fait souvenirs et regrets. Et je garde aujourd’hui au coin de l’œil la trace indélébile de tous ces départs et de tous ces moments manqués.
