27/02/2009

Le chagrin des départs

Ma vie d’enfant puis d’adolescent ont été marquées par une longue stabilité. Mes parents n’ont pas déménagé aux quatre coins de la France, j’ai fréquenté la même ville, la même école pendant de nombreuses années. De cette stabilité, j’ai conservé mon attachement au Berry et ma relation viscérale à mes amis d’enfance. Ce à quoi cette vie ne m’a en revanche pas préparé, c’est à faire face au départ, à l’absence, la séparation, la distance, la disparition. De ce quotidien si familier, je pensais bien que rien ne changerait vraiment. J’ai fuis de nombreuses fois, mais tout en sachant que tout serait vite bien à sa place, bien comme avant. Ma vie amoureuse m’a ensuite apprise à compter chaque kilomètre qui sépare Paris de Washington. Ma vie d’adulte me ramène sans cesse aux six heures qui séparent New York de ceux que j’aime.
A l’heure ou les départs ne sont plus temporaires, ou je fais l’expérience des disparitions permanentes, je me demande bien sûr pourquoi. Pourquoi s’infliger ces départs ? Pourquoi ne pas avoir été plus proche avant que l’autre ne disparaisse ? Pourquoi cette énergie gaspiller à partir quand même ? Et, comme mon cher B. me l’a souvent dit : « que cherches-tu donc à fuir » ?
Je n’ai plus quinze ans. Désormais, les choses changent à mon retour. Les enfants marchent, les fronts se plissent, la ville se meurt, les feuilles jaunissent. Le dur constat que le temps passe, ici aussi.
Comme voyageur j’ai délaissé ce que toujours j’ai apprécié. De ce qui fut réalité, j’ai fait souvenirs et regrets. Et je garde aujourd’hui au coin de l’œil la trace indélébile de tous ces départs et de tous ces moments manqués.

26/01/2009

Un moment historique

Et oui, comme plus de deux millions de personnes, j’étais à Washington le mardi 20 janvier 2009 pour suivre la prestation de serment de Barack Obama comme 44eme président des Etats-Unis. Après une attente de deux heures et demi avec une température extérieure de -7 degrés, muni de mon billet d’accès à la section mauve (juste derrière les gens assis, les gens vraiment important je suppose…) j’ai donc vu de mes yeux ce moment plein d’émotion pour tout un pays. Voici quelques photos pour vous faire partager ce moment.
PS : afin d’être entièrement positif, je ne mentionnerai pas que les détecteurs de métaux sont tombés en panne pour l’accès à de nombreux gradins et que des milliers de personnes pourtant munis de billets n’ont pas pu assister à ce grand moment et sont restes coincés aux grilles de sécurité…


Il faut faire des économies !

Dans une économie incertaine, chaque dollar compte, y compris pour un cabinet multinational. Et, tout comme pour mon studio tous les premiers du mois, le loyer est un centre de dépense fondamental pour tous ces bureaux de comptables et d’avocats situés dans les jolie tours de glace de mid-town ! Et pour économiser cette ressource rare à Manhattan qu’est l’espace, après moins de six mois de travail, me voila déjà contraint de déménager… pour un espace de travail plus petit ! Vous me direz, beaucoup seraient déjà content de conserver leur emploi en ce moment. Moi bien sur, je retiens de ce déménagement qu’il est décidemment plus difficile de réduire (que ce soit son train de vie, la taille de son logement, son temps de vacances… et la taille de son bureau) que d’avoir toujours plus.
Apres dix années d’études, des diplômes prestigieux et un « titre » qui fait faussement rêver, voici donc à quoi ressemble mon nouveau quotidien.

03/12/2008

La fille de l'Indiana


Au bureau, à droite de mon cubicle, de l’autre coté de l’allée, il y a la fille de l’Indiana. Cheveux travaillés, mèches rousses, bottes longues, elle pourrait presqu’être jolie ; surtout si elle se coupait pas les ongles sur son clavier pendant la journée.
Pour rompre un peu la glace avec la fille de l’Indiana, j’ose une blague lors d’une réunion sans fin. L’associé au micro jette des regards persistants à la jolie assistante assise devant lui. Sur le ton de la plaisanterie, il lui propose de l’emmener avec lui lors de son prochain déjeuner d’affaire pour rencontrer le client. Je glisse alors dans le creux de l’oreille de la fille de l’Indiana que ce qui intéresse vraiment l’associé, c’est pas de discuter de fiscalité. Horreur, effroi. Que n’avais-je pas dit ! Elle s’arrête, atterrée, me regarde et me dit calmement « enfin, il est marié et a 3 enfants ».
Bah oui, bien sur, je suis bête. On saute pas les jeunes et jolies secrétaires quand on est un homme marié de cinquante ans !

04/11/2008

La vie rêvée

Si j’ai tant tardé à faire mon entrée dans le joli monde du travail, la joie des examens, des conférences de méthodes et des diplômes n’en sont pas l’unique raison. Lorsque l’on nait sans talent particulier, sans vocation profonde, sans désir irrépressible d’accomplir ; lorsque l’on est soutenu, entretenu, et que l’on aime chercher, essayer, et apprendre de ses expériences, alors, on est naturellement condamné à faire durer le statut d’étudiant afin de repousser le plus possible le moment fatidique, le choix, le lever quotidien, le salaire mensuel, les sorties entre collègues.
J’ai bien l’impression d’avoir poussé le bouchon le plus loin possible, d’avoir épuisé toute les potentialités ainsi que d’avoir couté les yeux de la tête de mes dévoués parents. Pourtant, j’arrive aussi peu enclin que possible dans la vie « active ». Apres pourtant 10 ans de vie pas si inactive.

Dans nos jeunes années, on nous enseigne que les études permettent d’avoir le choix de sa carrière ce qui est un luxe. C’est donc ce que j’ai fait. J’ai essayé de tirer le meilleur parti de cette terrible fatalité : un métier qui en jette, une destination exotique, un salaire qui me met à l’ abri de la misère. Il y a pire ailleurs me dit-on. Et pourtant, la même rengaine, les lundis matin sombres, les semaines passées à attendre le week end, les week end passés à appréhender les e-mails en attente, les soirées déjà écourtées passées à repasser la chemise du lendemain. Et les journées, les longues journées, à travailler pour quelqu’un d’autre, pour une firme, une chose, ce truc informe et impersonnel qui nous donne la béquée.

A la longue, on doit finir par s’habituer. Certains semblent s’y épanouir, à y passer nuits et jours fériés. Certains se prennent au jeu de grimper la pyramide hiérarchique. Et sinon, quoi ?

17/10/2008

Lettre à France

Depuis que je suis loin de toi
Je suis comme loin de moi
Et je pense à toi tout bas;
Tu es à six heures de moi
Je suis à des années de toi
C'est ça être là-bas.

La différence
C'est ce silence
Parfois au fond de moi.
Tu vis toujours au bord de l'eau
Quelquefois dans les journaux
Je te vois sur des photos.
Et moi loin de toi
Je vis dans une boite à musique
Electrique et fantastique
Je vis en "chimérique".

La différence,
C'est ce silence
Parfois au fond de moi.
Tu n'es pas toujours la plus belle
Et je te reste infidèle
Mais qui peut dire l'avenir
De nos souvenirs
Oui, j'ai le mal de toi parfois
Même si je ne le dis pas
L'amour c'est fait de ça.

Il était une fois
Toi et moi
N'oublie jamais ça
Toi et moi !

Depuis que je suis loin de toi
Je suis comme loin de moi
Et je pense à toi là-bas.
Oui j'ai le mal de toi parfois
Même si je ne le dis pas
Je pense à toi tout bas...